Bataille du golfe de Leyte

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:Le 23 octobre vers 01:30, Nishimura arrive en vue de l'île de Palawan, emprunte le [https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9troit_de_Balabac détroit de Balabac] et entre en mer de Sulu.
:Le 23 octobre vers 01:30, Nishimura arrive en vue de l'île de Palawan, emprunte le [https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9troit_de_Balabac détroit de Balabac] et entre en mer de Sulu.
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** Sous le commandement du vice-amiral [https://fr.wikipedia.org/wiki/Jisabur%C5%8D_Ozawa Ozawa], la III° flotte de la Force Mobile appareille d'[https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9fecture_d'%C5%8Cita Oita] le 20 octobre 1944. Elle comprend les cuirassés hybrides '''[[Ise]]''' et ''Hyuga'', en couverture des porte-avions ''Chiyoda'', '''[[Chitose]]''', '''[[Zuiho]]''' et '''[[Zuikaku]]'''. Elle est escortée par les croiseurs légers ''Isuzu'', ''Oyodo'' (navire-amiral) et ''Tama'', les destroyers '''[[Akizuki]]''', ''Hatsuzuki'', ''Kiri'', ''Kuwa'', ''Maki'', ''Shimotsuki'' et ''Sugi''. Elle est suivie des pétroliers ''Jinei Maru'' et ''Tanake Maru'', sous la protection du destroyer '''[[Akikaze]]''' et des corvettes kaibokan n°22, 29, 31, 33, 43 et 132.  
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** Sous le commandement du vice-amiral [https://fr.wikipedia.org/wiki/Jisabur%C5%8D_Ozawa Ozawa], la III° flotte de la Force Mobile appareille d'[https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9fecture_d'%C5%8Cita Oita] le 20 octobre 1944. Elle comprend les cuirassés hybrides '''[[Ise]]''' et ''Hyuga'', en couverture des porte-avions ''Chiyoda'', '''[[Chitose]]''', '''[[Zuiho]]''' et '''[[Zuikaku]]'''. Elle est escortée par les croiseurs légers ''Isuzu'', '''[[Oyodo]]''' (navire-amiral) et ''Tama'', les destroyers '''[[Akizuki]]''', ''Hatsuzuki'', ''Kiri'', ''Kuwa'', ''Maki'', ''Shimotsuki'' et ''Sugi''. Elle est suivie des pétroliers ''Jinei Maru'' et ''Tanake Maru'', sous la protection du destroyer '''[[Akikaze]]''' et des corvettes kaibokan n°22, 29, 31, 33, 43 et 132.  
:A 18:00, à la sortie du détroit de Bungo, des émissions radar provenant de sous-marins sont détectées et obligent la flotte à prendre des mesures d'évitement vers l'est.
:A 18:00, à la sortie du détroit de Bungo, des émissions radar provenant de sous-marins sont détectées et obligent la flotte à prendre des mesures d'évitement vers l'est.
:Le 22 octobre, Ozawa doit interrompre le ravitaillement à la mer suite à un contact sous-marin.
:Le 22 octobre, Ozawa doit interrompre le ravitaillement à la mer suite à un contact sous-marin.

Version actuelle en date du 24 juillet 2019 à 07:22

Sommaire

Contexte

Automne 1944. L'heure, pour les Américains, est à la reconquête des Philippines. Le général MacArthur a réussi à obtenir du président Roosevelt, contre la promesse de ne pas se présenter contre lui aux prochaines élections de novembre, que son projet d'invasion des Philippines soit adopté au détriment de celui d'invasion de Formose défendu par le Pentagone et soutenu par l'amiral King, chef d'état-major de l'US Navy.
Le plan prévoit de débarquer à Leyte le 20 octobre, mais on était en pleine période de mousson rendant impossible la construction d'un aérodrome. La protection des troupes débarquées devrait alors reposer sur les porte-avions pendant plusieurs semaines.
Dans le camp adverse, les responsables japonais ne sont pas restés inactifs. Dès le 25 juillet 1944, le Conseil suprême de la guerre, réuni à Tokyo, envisage l'invasion de Formose ou des Philippines et approuve le plan Sho-Go, élaboré par l'amiral Toyoda, destiné à contrecarrer l'une ou l'autre des options.

Le plan japonais

Le plan repose sur cette idée principale que la Marine est condamnée à rechercher la bataille décisive, seule capable de convaincre les Américains d'une paix honorable, les Japonais étant convaincus de la victoire. En effet, la flotte est actuellement réfugiée aux îles Lingga près des approvisionnements en combustible de Palembang. Si la flotte demeure en mer du Japon elle sera paralysée; si elle reste dans les bases du sud-est asiatique, elle manquera de munitions et de pièces de rechange. C'est donc un quitte ou double qui est proposé au Conseil.
Le principe de la bataille décisive adopté, se pose la question de la neutralisation de porte-avions de l'amiral Halsey, dont la cuisante victoire à la bataille de la mer des Philippines est présente dans toutes les mémoires japonaises. Il s'agit de livrer à Halsey un appât irrésistible : la III° Flotte des porte-avions du vice-amiral Ozawa. Pour faire bonne mesure, y sont adjoints les deux cuirassés hybrides récemment reconvertis. Pendant que Halsey sera à leur poursuite, le gros de la flotte conduite par le vice-amiral Kurita foncera vers les plages de débarquement pour surprendre les Américains à l'aube, appuyée par l'aviation base à terre et renforcée par celle prélevée sur les porte-avions. Concernant le ravitaillement initial, il s'effectuera à Bornéo. Deux autres escadres conduites par les vice-amiraux Nishimura et Shima emprunteront un chemin différent pour prendre les Américains à revers.
Une fois de plus le plan, bien qu'ingénieux, ne peut réussir qu'à deux conditions essentielles : la discrétion et la synchronisation des mouvements. Or, les évènements vont le montrer, la division des forces accroit le risque d'être découvert et appauvrit la puissance globale des forces engagées.

Les Russes trahissent le secret

La machine de guerre japonaise est à la manœuvre. Pendant que les avions s'envolent du Japon vers les Philippines et Formose et qu'en Malaisie on s'entraîne au combat de nuit, les services secrets tentent d'en savoir plus.

Le 6 octobre, une information capitale met fin à l'incertitude. Les diplomates japonais en poste à Moscou se sont saisis d'une indiscrétion ayant filtré depuis la délégation américaine : l'attaque aura lieu à Leyte entre le 22 et le 31 octobre. Par cette manœuvre, Staline comptait freiner l'avance des Américains dans le Pacifique, alors que les Soviétiques engagés en Europe ne pouvaient pas encore déclarer la guerre au Japon, comme ils l'auraient souhaité, en vue de récupérer les îles Kouriles.
Le 17 octobre, le QG impérial a la confirmation de l'imminence du débarquement à Leyte : les guetteurs de l'île ont repéré des dragueurs de mines dans les eaux du golfe. Toyoda lance alors à ses flottes l'ordre d'appareillage. Le point de non-retour de ce qui va être la plus grande bataille navale de l'Histoire est atteint.

Les flottes d'invasion américaines appareillent

Mi-octobre, la plus gigantesque flotte de tous les temps converge vers les Philippines, 350 transports et cargos amenant en deux groupes 174 000 hommes. La III° force amphibie du vice-amiral Wilkinson a d'abord appareillé des îles Hawaï avec le 10° corps d'armée, puis la 7° force amphibie du contre-amiral Barbey a pris la mer depuis la Nouvelle-Guinée avec le 24° corps d'armée.
Ce corps de débarquement est couvert par 200 navires de guerre, dont 12 cuirassés, 34 porte-avions mettant en œuvre 1 600 avions, 23 croiseurs et 100 destroyers, répartis en deux flottes :

  • La VII° flotte du vice-amiral Kinkaid couvre le débarquement. Elle compte, outre des unités ASM, les 6 cuirassés rescapés de Pearl Harbor chargés du bombardement naval préliminaire au débarquement. Elle comprend aussi 18 porte-avions d'escorte, sous les ordres du contre-amiral Sprague qui doit assurer la défense anti-aérienne et anti-sous-marine du golfe.
  • La III° flotte de l'amiral Halsey, assisté du vice-amiral Lee à la tête de 6 cuirassés modernes, du vice-amiral Mitscher commandant les 16 porte-avions de combat de la Task Force 38 et 22 sous-marins sous les ordres du contre-amiral Christie. Sa mission est de s'opposer à toute attaque massive de la flotte japonaise et reçoit ses ordres directement de Nimitz, alors que Kinkaid est rattaché à MacArthur.

Voyages de concentration japonais

  • Le 17 octobre 1944, le pétrolier Ryoei Maru est détaché du convoi HI-76, escorté des corvettes Kaibokan Manju et Miyake. Arrive à Mako le 20 octobre.
A 10:30, l'escadre est captée sur le radar de l'USS Sterlet à 15 milles à l’ouest d'Okinawa. Un rapport de contact est envoyé à COMSUBPAC. Dans l'après-midi, au sud d'Okinawa, l'escadre est de nouveau aperçue par l'USS Trigger.
Le 20 octobre, dans le détroit de Formose à 04:00, l'USS Tang aperçoit l'escadre qui évolue en zigzags à 19 nœuds. Son commandant, Richard O'Kane poursuit Shima jusqu'à l'aube sans succès. Arrive à Mako le jour même. Après avoir été ravitaillé par le pétrolier Ryoei Maru, appareille de Mako le 21 octobre pour Manille, mais l'escadre est détournée sur Coron Bay. Dans le détroit de Luçon, vers 01:00 du matin Shima est capté au radar par l'USS Seadragon, qui envoie un rapport de contact. Son commandant identifie la force comme étant composée d'un porte-avions, deux croiseurs et six destroyers.
Arrive à Coron le 23 octobre et attend l'arrivée du pétrolier Nichiei Maru pour mazouter.
  • Le 18 octobre, sous le commandement du vice-amiral Shoji Nishimura, appareillent aussi de Lingga les cuirassés Yamashiro et Fuso, escortés du croiseur lourd Mogami, des destroyers Asagumo, Michishio, Shigure et Yamagumo. Arrivent aussi à Brunei le 20 octobre pour ravitailler.
  • Le 18 octobre appareille de l'île Hainan à 18:30, le pétrolier Nichiei Maru, escorté de la corvette Kaibokan Kurahashi et de l'escorteur CD-25 à destination de Palawan. Arrive à Ulugan Bay, située au-delà du rayon d'action des avions américains, le 22 octobre.
  • Le 19 octobre appareillent de Singapour les pétroliers Itsukushima Maru et Manei Maru, escortés de la corvette Kaibokan Chiburi et du patrouilleur CD-19. Arrivent à Bruneï le 21 octobre.
  • Le 20 octobre appareillent de Singapour les pétroliers Omurosan Maru et Nippo Maru, escortés du mouilleur de mines Yurijima et du patrouilleur CD-27. Arrivent à Bruneï le 22 octobre.

Veillée d'armes

Bornéo, rade de Brunei, 22 octobre 1944 : après avoir ravitaillé, la plus grande flotte cuirassée du monde s'apprête à lever l'ancre.
Le corps de bataille est composé de trois escadres de cuirassés.

la 1ère division du vice-amiral Ugaki : Nagato, Musashi et Yamato,
un peu à l'écart la 2ème division du vice-amiral Nishimura : Fuso et Yamashiro,
la 3ème division commandée par le vice-amiral Yoshio Suzuki : Haruna et Kongo.

Son commandant en chef, le vice-amiral Takeo Kurita a porté sa marque sur l'Atago, de la 4ème division de croiseurs lourds. Sur le papier, cette armada paraît invincible.

Petit, la cinquantaine bien avancée, l'amiral est dans la tradition des guerriers japonais, loyal et courageux. Il n'est pas de ceux qui se font remarquer dans les états-majors. Il ne doit son avancement qu'à ses états de service à la mer, d'abord sur les forces légères, puis sur les cuirassés.

Au briefing de la veille, il a donné ses ordres de route :
"Messieurs, voici d'abord les dernières nouvelles de Leyte. Les Américains ont débarqué hier. Les troupes de notre 16° division se sont repliées sur les crêtes, d'où elles fondront sur l'ennemi dès que notre flotte, pénétrant dans le golfe, y aura semé la panique. J'ai reçu l'ordre d'exécution du plan Sho-Go.
La flotte appareillera donc demain à 8 heures. Vitesse 18 nœuds, route au 040 par le nord de l'île de Palawan, en vue d'atteindre le sud de Mindoro le 24. Afin de franchir le détroit de San-Bernardino de nuit, nous traverserons la mer de Sibuyan à 24 nœuds. Le 25 octobre à l'aube, après avoir longé la côte est de l'île de Samar, nous ferons jonction dans le golfe de Leyte avec la 2ème escadre de l'amiral Nishimura qui devra avoir franchi le détroit de Surigao le 24, avant le coucher du soleil. Après avoir anéanti le débarquement américain, nous rejoindrons la flotte de l'honorable amiral Ozawa et nous coulerons les porte-avions de Halsey qu'il aura attirés à lui au nord des Philippines.

C'est tout Messieurs. Vive l'Empereur."

Les flottes japonaises appareillent

  • 22 octobre 1944, 07:30. Pour minimiser le risque d'incendie tous les navires, à l'exception des cuirassés de la BatDiv1, envoient leur hydravions de reconnaissance à San Jose, île de Mindoro. Le plan prévoit que la 901° escadrille assure une protection ASM en amont de la Force Mobile de Kurita.

Les flottes lèvent les ancres :

    • Commandée par Ugaki : cuirassés Musashi, Nagato, Yamato, croiseurs lourds Atago, Chokai, Haguro, Maya, Myoko et Takao, croiseur léger Noshiro, destroyers Akishimo, Asashimo, Fujinami, Hamanami, Hayashimo, Kishinami, Naganami, Okinami et Shimakaze, elle appareille de Brunei à 08:00 et s'engage en mer de Chine à longer la côte ouest de Bornéo.
    • Commandée par Suzuki : cuirassés Haruna, Kongo, croiseurs lourds Chikuma, Kumano, Suzuya et Tone, croiseur léger Yahagi, destroyers Hamakaze, Isokaze, Kiyoshimo, Nowaki, Urakaze et Yukikaze, elle appareille de Brunei à 08:20 et s'engage en mer de Chine à longer la côte ouest de Bornéo.
    • Commandée par Nishimura : cuirassés Yamashiro, Fuso, croiseur lourd Mogami, destroyers Asagumo, Michishio, Shigure et Yamagumo, elle appareille de Brunei à 15:00 en mer de Chine à longer la côte ouest de Bornéo.
Après trois heures de navigation au nord, pour s'éloigner du secteur où ont été repérés des sous-marins américains, Kurita prend un cap au 020 de manière à doubler le plus au large possible le dangereux cap de Balabac, hérissé de récifs à fleur d'eau. L'alerte sous-marine est cependant maintenue sur toutes les unités. A la nuit tombée, la protection aérienne retourne à ses bases. Kurita fait prendre la formation de nuit et s'engage dans le passage de Palawan....
Le 23 octobre vers 01:30, Nishimura arrive en vue de l'île de Palawan, emprunte le détroit de Balabac et entre en mer de Sulu.
    • Sous le commandement du vice-amiral Ozawa, la III° flotte de la Force Mobile appareille d'Oita le 20 octobre 1944. Elle comprend les cuirassés hybrides Ise et Hyuga, en couverture des porte-avions Chiyoda, Chitose, Zuiho et Zuikaku. Elle est escortée par les croiseurs légers Isuzu, Oyodo (navire-amiral) et Tama, les destroyers Akizuki, Hatsuzuki, Kiri, Kuwa, Maki, Shimotsuki et Sugi. Elle est suivie des pétroliers Jinei Maru et Tanake Maru, sous la protection du destroyer Akikaze et des corvettes kaibokan n°22, 29, 31, 33, 43 et 132.
A 18:00, à la sortie du détroit de Bungo, des émissions radar provenant de sous-marins sont détectées et obligent la flotte à prendre des mesures d'évitement vers l'est.
Le 22 octobre, Ozawa doit interrompre le ravitaillement à la mer suite à un contact sous-marin.
    • Itsukushima Maru et Nippo Maru, escortés du Kaibokan Chiburi et des patrouilleurs CD-17, CD-19, et CD-27 appareillent de Bruneï le 24 octobre pour Coron Bay en vue de ravitailler la Flotte sur le chemin du retour. Rallie Bruneï le 28 octobre.
Le 29 octobre, Omurosan Maru ravitaille les cuirassés Haruna, Kongo et Nagato, le croiseur lourd Haguro, le croiseur léger Yahagi et les destroyers Hamakaze, Isokaze, Urakaze et Yukikaze.
Le pétrolier Yuho Maru ravitaille le cuirassé Yamato.
    • Nichiei Maru et son escorte appareillent de Ulugan Bay le 24 octobre pour Coron Bay.
Le 26 octobre, avec le pétrolier Yuho Maru, ravitaille l'escadre de Shima, de retour du détroit de Surigao.
Le 27 octobre ravitaille les destroyers de Kurita dont les rescapés de la Force centrale se replient sur Brunei.
Le 28 octobre, appareille pour Manille où il arrive avec son escorte le 29 octobre.

Le passage de Palawan

L'attaque en mer de Sibuyan

La défense du détroit de Surigao

La bataille de Samar

La bataille du cap Engaño

Les retours

de Kiohide Shima

25 octobre 1944, 05:00. Shima à ordonné le repli. Essuyant sans mal les attaques des vedettes rapides américaines, il sort du détroit de Surigao en récupérant le destroyer Shigure (légèrement avarié, mais seul rescapé de l'escadre de Nishimura anéantie), puis le croiseur léger Abukuma, avarié aussi. Le destroyer Ushio est détaché pour escorter Abukuma jusqu'à Manille.
Vers 10 heures, au large de l'île Negros, Abukuma est attaqué par des bombardiers B-24 et coule à 12:42 par 09°20'N - 122°-32'E. L'escadre de Shima arrive à Coron Bay le 26 octobre à 18:30, où elle mazoute auprès du pétrolier Nichiei Maru. Ushio rejoint Shima à Coron Bay.
Le croiseur lourd Kumano et son escorteur le destroyer Okinami, l'escadre de Shima (Nachi, Ashigara, Akebono, Kasumi, Shigure et Ushio) appareillent de Coron Bay, le 27 octobre pour Manille qu'il rallient le 28. En route, Ashigara et Shigure sont détachés pour Brunei où ils arrivent le 30 octobre.

de Takeo Kurita

26 octobre 1944. Takeo Kurita et ce qu'il reste de sa flotte ont franchi le détroit de San Bernardino la veille, entre 20:30 et 22:00. Revenu à toute vitesse de son engagement vers le nord avec Ozawa, Halsey a manqué de peu la chance de l'intercepter, mais il n'a pas dit son dernier mot.
A 05:00 les TG-38.1 (McCain) et TG-38.2 (Bogan) se rassemblent au nord-est du détroit. A 06:00, des formations de bombardiers décollent vers l'ouest dans l'attente des nouvelles de la reconnaissance de nuit qui patrouille en mer de Sibuyan.
La force A est repérée à 08:10 dans le détroit de Tablas, à 10 milles à l'ouest du cap Panay. Kurita sera bientôt hors de portée de l'aviation embarquée.
A 08:30, une première vague fond sur les cuirassés Kongo, Nagato et Yamato. Tous les coups sont évités, dix avions sont abattus. La seconde vague réussit à placer sur le croiseur lourd Kumano et le destroyer Hamanami. Yamato encaisse 3 bombes dont une provoque une voie d'eau importante, rapidement compensée. Le croiseur léger Noshiro encaisse deux bombes qui provoquent de lourds dégâts. Nagato évite de justesse une torpille.
Au total, 250 avions n'ont même pas réussi à ralentir les Japonais. Une douzaine d'appareils a été abattue.
A 10:40, un grondement inhabituel arrive du ciel. Les vigies du Yamato annoncent :

- Des bombardiers lourds en approche !

Attaquant à haute altitude, 3 vagues de 10 bombardiers B-24 Liberator de l'Armée de l'air, basés à Morotai, vont tenter pour la première fois de couler des navires de guerre rapides. Des bombes de 3,5 tonnes sont larguées sur les cuirassés qui sont littéralement noyés sous les gerbes et criblés d'éclats. Sur les ponts, de nombreux morts mais aucun coup direct n'atteint les Japonais.
A 13 heures, le flotte japonaise est hors de portée.
A bord du New Jersey, Halsey, dépité d'être privé de la bataille décisive, ordonne à son officier des transmissions :

- Diffusez ce message à l'intention du haut commandement : "Les forces ennemies viennent d'être taillées en pièces, battues et mises en fuite".

Tandis que les destroyers japonais sont envoyés mazouter à Coron Bay auprès de Nichiei Maru et Nippo Maru, Kurita descend le long de Palawan et arrive à Brunei le 28 octobre à 21:30.

Mais les Japonais n'en ont pas terminé avec l'aviation embarquée américaine, bien décidée à couler tout ce qui flotte dans son rayon d'action.
A Coron Bay, le destroyer Fujinami, victime d'une conséquente fuite de mazout doit rentrer sur Manille. De fait, il accompagne les destroyers Hayashimo et Shiranuhi qui rentrent aussi, initialement détachés à la recherche du croiseur léger Kinu et du destroyer Uranami, perdus en route. Le départ s'effectue le 27 octobre à 02:35.
A 09:15, le groupe est attaqué par une escadrille de l'USS Franklin à 80 milles au nord d'Iloilo , île de Panay. Fujinami atteint en plein par une bombe se casse en deux et coule par 12°N - 122°30'E. Le destroyer Shiranuhi également atteint, coule vers midi. Dans la soirée, un incendie incontrôlable se déclare dans la salle des machines du destroyer Hayashimo. Privé de gouvernail, il s'échoue à la nuit tombée sur un récif. Il sera définitivement mis hors de combat par un bombardier le 3 décembre 1944.

de Jisaburo Ozawa

26 octobre 1944. Après le naufrage de ses porte-avions, Ozawa se replie et arrive le 27 à 12:00 à Amami-O-Shima. Après avoir ravitaillé et transféré sa marque sur le cuirassé Hyuga, il arrive sans encombre à Kure, le 29 octobre, malgré les attaques des sous-marins USS Besugo (capitaine de frégate Thomas L. Wogan), USS Ronquil (capitaine de corvette Henry S. Monroe) et USS Sterlet (capitaine de corvette D. Robbins).

Voir aussi

Sources

  • Les grandes batailles navales de la Seconde Guerre mondiale, par J-Jacques ANTIER.
  • Champs de bataille - Seconde Guerre mondiale n°5 de janvier 2010
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